Mers d’Asie du Sud-Est Coopérations, intégration et sécurité

Emmanuel Veron

Partager sur facebook
Partager sur linkedin
Partager sur twitter
Partager sur email
Nathalie Fau & Benoit de Tréglodé (dir.), Mers d’Asie du Sud-Est, CNRS Editions, 2018, 400 p., 25 €.

L’ouvrage collectif dirigé par deux spécialistes de l’Asie du Sud-Est, Nathalie Fau, géographe et Benoit de Tréglodé, historien, décrit avec pertinence les enjeux stratégiques, économiques et environnementaux des espaces maritimes d’Asie du Sud-Est. La mer, objet géographique et géopolitique, fait couler beaucoup d’encre… Ici, le propos est bien structuré, rendant compte avec rigueur de l’importance des espaces maritimes dans une logique internationale, plus particulièrement dans un espace densément peuplé, par lequel transite l’une des plus importantes routes maritimes mondiales. Au programme des concours de l’enseignement en histoire et géographie, l’Asie du Sud-Est devient la véritable charnière du concept « Indo-Pacifique » en même temps qu’une zone d’influence affirmée pour la Chine.

L’Asie du Sud-Est est une mosaïque d’États péninsulaires et insulaires dans le prolongement des aires d’influence chinoise, indienne et japonaise, avec la proximité occidentale australienne et néo-zélandaise. Chaque État, malgré les pesanteurs historiques et régionales, possède son propre agenda tout en cherchant un équilibre entre la puissance chinoise et la puissance américaine en complément des pôles régionaux (Inde, Japon et Australie). Les mers d’Asie du Sud-Est sont dans ce sens l’espace privilégié de cette géopolitique, ne trouvant pas d’accord pour gérer, exploiter et protéger communément cette arène. La diplomatie navale, la pêche comme les tensions cristallisées par le regain et l’affirmation de souveraineté en mer de Chine méridionale montrent parfaitement les difficultés de la coopération et les limites de l’intégration régionale à travers les organisations internationales comme l’ASEAN ou les initiatives chinoises pour assoir sa puissance. La mer est plus que jamais exploitée, territorialisée, disputée. C’est un retour discret du réalisme dans les relations internationales.

Bien illustré, ce livre rassemblant des auteurs français et d’Asie du Sud-Est (14 auteurs) est une somme importante pour les études sur l’Asie du Sud-Est en sciences sociales, de par sa géographie des mers et des détroits, si importante pour comprendre les dynamiques politiques, économiques et humaines de cet espace carrefour à l’heure de la maritimisation accrue des activités humaines sur la planète.

Emmanuel Véron

Inscrivez-vous à notre newsletter
et recevez tous les derniers articles