Publié le vendredi 11 avril 2025
Avec
- Sébastien Jean, professeur d’économie au Conservatoire National des Arts et Métiers et directeur associé de l’initiative Géoéconomie-géofinance de l’Ifri (Institut français des relations internationales)
- Emmanuel Véron, géographe, spécialiste de la Chine contemporaine, chercheur associé à l’école navale et à l’INALCO, membre de l’Institut Français de Recherche sur l’Asie de l’Est (IFRAE)
- Amaury Mulliez, responsable du bureau risque pays à l’Agence Française de Développement
Résumé de l’article
En l’espace d’une semaine, la politique commerciale de Donald Trump a profondément déstabilisé l’ordre économique mondial. Le 2 avril, lors de son « Liberation Day », le président américain a annoncé des droits de douane supplémentaires visant 185 pays, avec un seuil minimal de 10 %, marquant un tournant protectionniste inédit. Quelques jours plus tard, revirement : ces surtaxes sont suspendues pour 90 jours… sauf pour la Chine. Washington impose désormais des taxes de 125 % sur les produits chinois, auxquelles Pékin répond immédiatement par des mesures équivalentes sur les importations américaines.
Cette escalade entre les deux premières puissances commerciales mondiales, qui pèsent ensemble 43 % du PIB mondial, ravive une guerre commerciale ancienne mais désormais frontale. Selon les experts, une fragmentation durable de l’économie mondiale en deux blocs pourrait coûter jusqu’à 7 % de PIB mondial. Les conséquences dépasseraient largement les États-Unis et la Chine, touchant surtout les économies émergentes et les pays les plus vulnérables. La question centrale reste ouverte : négocier, choisir un camp… ou tenter d’éviter la fracture.