Résumé :
L’article propose une analyse croisée du conflit, examinant les représentations qui en sont faites tant en Ukraine qu’en Russie, et invite à questionner les biais qui influencent notre propre lecture des événements.
Commentaire :
En Russie, l’adhésion populaire à la guerre demeurerait en réalité marginale — de l’ordre d’un cinquième de la population. Pour autant, l’idée que mettre fin aux combats pourrait déstabiliser profondément la société russe est largement partagée, des cercles du pouvoir jusqu’à une grande partie de l’opinion. C’est cette crainte diffuse qui structure la position russe bien plus qu’un véritable élan belliciste.
Du côté ukrainien, la résistance est vécue comme une obligation absolue. Elle s’inscrit dans une logique de survie collective : la défaite n’est pas perçue comme une capitulation politique, mais comme le prélude à une destruction de masse. Dans cette perspective, le combat se poursuivra aussi longtemps que nécessaire.