Parmi les œuvres soutenues par le Fonds de Dotation Brousse dell’Aquila, Marins Sans Frontières occupe une place toute particulière. Depuis quatre ans, notre fondation finance chaque année la construction d’un bateau, au profit des populations du lac Tonlé Sap au Cambodge. Ces embarcations, véritables navettes scolaires et sanitaires, permettent à près de 800 enfants d’accéder quotidiennement à l’école et aux soins. Nous sommes fiers de contribuer ainsi, aux côtés de son président Gérard d’Aboville, au désenclavement de ces communautés lacustres.
Discours de Monsieur Benoît Montanié
Alors chers amis, parmi les actions du fonds de dotation, il y en a une qui revêt une importance particulière : c’est le soutien à des œuvres. Et parmi ces œuvres, il y en a une qui nous tient vraiment à cœur, qui est Marins Sans Frontières. Nous avons aujourd’hui le grand plaisir d’accueillir son président, Monsieur Gérard d’Aboville. Nous connaissions Pierre de Roquefeuil, qui depuis des années venait parmi nous. Pierre d’ailleurs est là ; nous avons beaucoup de chance de l’avoir aujourd’hui, car il part dès demain au Cambodge.
Gérard d’Aboville va nous parler des œuvres de cette magnifique organisation, Marins Sans Frontières, qui œuvre pour partie au Cambodge, afin de désenclaver les populations littorales de ce lac que tout le monde connaît. Cela demande toute une petite flotte d’embarcations pour conduire les enfants à l’école, comme Pierre l’a évoqué. Ces bateaux ont aussi un rôle de bibliothèque itinérante. Nous sommes particulièrement heureux de contribuer au développement et à l’entretien de cette petite flotte. Je vais donc laisser la parole à Gérard d’Aboville, qui va nous en dire un peu plus. Si vous voulez bien.
Discours de Monsieur Gérard d’Aboville
Merci Amiral, merci Président pour vos mots sympathiques. Je voudrais commencer par vous adresser, si je peux me permettre, une toute petite mise en garde : godiller dans le golfe du Morbihan, c’est comme ça que j’ai commencé. Vous voyez où ça peut mener.
Mais je suis là pour vous parler non pas de mes œuvres, mais de Marins Sans Frontières. C’est une association qui existe depuis plus de quarante ans et qui a travaillé sur différents théâtres d’opérations. Cela a commencé par le Mozambique, puis Haïti, les Philippines, la Tunisie, aujourd’hui le Cambodge – je vous l’avais dit, on en reparlera – ainsi que le Sénégal et Madagascar.
Marins Sans Frontières est une association qui travaille au profit des populations littorales dans les pays du tiers monde, avec une philosophie : permettre aux habitants de ces régions d’être confortés dans leur cadre de vie, d’y trouver des ressources, afin qu’ils ne s’engagent pas sur les routes incertaines de la migration.
On pourrait résumer nos actions en trois mots.
Secourir : c’est ce que nous faisons par exemple à Madagascar, où nous achetons à la SNSM des canots de sauvetage réformés que nous remettons en état, transportons là-bas et mettons à la disposition des autorités malgaches.
Soigner : nous avons sur le fleuve Casamance un bateau qui transporte des médecins. Nous travaillons au profit de deux autres associations de médecins qui font des tournées et visitent les habitants de localités très isolées.
Désenclaver : c’est précisément notre mission au Cambodge. Vous voyez ici des navettes scolaires qui transportent tous les matins des enfants pour les emmener à l’école.
Je pourrais vous en dire beaucoup plus, mais je préférerais laisser la parole à l’Amiral Pierre de Roquefeuil, notre vice-président. Pierre, je t’embêtais tout à l’heure parce que tu étais en train de filmer, mais je préférerais que ce soit toi qui viennes nous parler de cette mission du Cambodge que tu connais bien. Tu y vas chaque année, et tu y seras après-demain, je crois, ou dans deux ou trois jours.
Je vous signale que grâce à notre action, des classes entières qui étaient fermées ont pu rouvrir. Il s’agit d’une mission sur le lac Tonlé Sap, le plus grand lac d’Asie, où se trouvent énormément d’habitats flottants, d’habitats lacustres.
Pierre, est-ce que tu veux bien nous dire deux mots sur cette mission ?
Intervention de Monsieur Pierre de Roquefeuil
Très rapidement : il s’agit, pour Marins Sans Frontières, de faire en sorte que les enfants et les malades isolés sur le lac Tonlé Sap puissent être pris en charge. Sur ce lac vivent un million de personnes. Bien souvent, la première école est à dix kilomètres et le premier centre de santé à trente kilomètres. Comme les familles n’ont souvent qu’un seul bateau, et que ce bateau est leur moyen de gagner leur vie, il part à la pêche le matin. Les enfants ne peuvent donc pas aller à l’école et partent pêcher avec leur père.
Tout naturellement, nous nous sommes dit : pour que les enfants puissent aller à l’école, que les femmes enceintes puissent accoucher dans de bonnes conditions, et pour mettre en place un projet éducatif non scolaire – sur l’hygiène, la santé, etc. – nous avons créé les navettes scolaires et les navettes hôpital. Voilà, tout simplement. Aujourd’hui, nous sommes fiers de mettre en œuvre une vingtaine de bateaux du type de ceux que vous voyez derrière.
Comme ces bateaux font plusieurs rotations dans la journée, ce sont des centaines d’enfants qui sont transportés et qui vont à l’école. Alors, combien coûte un bateau ? Nous les faisons construire sur place. Un bateau coûte à peu près cinq mille euros.
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Eh bien, voilà – la transition est toute trouvée – c’est l’occasion pour moi de remercier la Fondation. Merci infiniment. Vous voyez à quel point c’est utile. Je vous le disais : ce sont près de huit cents enfants qui sont transportés quotidiennement à l’école grâce à ces bateaux. Merci encore.